Fondée en 817 par Pépin, duc d'Aquitaine, quand il reçut
un crâne apporté d'Orient et présenté comme celui de Saint Jean-Baptiste,
le première monastère fut à plusieurs reprises pillé par les Vikings.
La relique, cachée fut retrouvée en 1010, et le duc Guillaume fit reconstruire
une abbaye qui, grâce aux dons et aux offrandes de milliers de pèlerins,
devint une des plus puissantes abbayes de l'Ouest de la France.
La Cour d'Honneur de l'abbaye Royale
La Guerre de Cent Ans mit un terme à l'essor de l'abbaye qui, située
comme la ville dans une région convoitée par les belligérants, fut à plusieurs
reprises pillée et saccagée.
Après une accalmie, les Guerres de Religion lui furent fatales : pillée
en 1562, elle fut détruite en 1568 et la relique disparut dans les flammes.
Dès lors, les pèlerins de Compostelle ne passèrent plus à Saint-Jean-d'Angély.
Courageusement, les moines reconstruisent l'abbaye que nous voyons aujourd'hui.
Ils y reçurent Louis XIV à l'occasion de son mariage et le duc d'Anjou,
son petit-fils, partant régner en Espagne. Sa bibliothèque abrita quelque
temps les manuscrits de Pascal, notamment Les Pensées.
Puis ce fut un inexorable déclin qui s'acheva à la Révolution ; les moines
partirent et l'abbaye devint un peu plus tard un collège puis un lycée.
Actuellement, elle est devenue le centre culturel de la ville : elle abrite
la bibliothèque, le centre
de culture européenne de "Saint-Jacques-de-Compostelle" et l'école
de musique, en attendant d'autres activités complémentaires.
Les textes permettent d'affirmer l'existence d'une église
au début du Ve siècle, à peu près à l'emplacement des vestiges de
l'aumônerie.
On sait aussi qu'après la redécouverte de la relique, une nouvelle
abbatiale romane a probablement été consacrée vers le milieu du XIe
siècle.
C'est environ cent ans après que débuta la construction de la magnifique
abbatiale gothique, dont un dessin permet d'imaginer la splendeur.
Son édification fut longue et pénible, entrecoupée par les troubles et
les ravages de la Guerre de Cent ans. On peut supposer qu'elle fut terminée
vers le milieu du XVe siècle.
Seuls nous en restent les deux contreforts et une partie du chevet del'église
actuelle, et quelques fragments d'architecture au musée, vestiges de la
destruction en 1568.
Dès 1610, les moines bâtirent une église provisoire et, en
1741, entreprirent la construction d'une nouvelle abbatiale dans le style
dit classique.
Les travaux traînèrent et la Révolution y mit un terme.
Ce sont les Tours, immense façade inachevée qui fut un temps transformée
en prison.
Les tours
L'église provisoire fut restaurée en 1899, elle est restée église
paroissiale.
Elle renferme une statue de la Vierge à l'enfant en bois, du XVIIe siècle
(sur l'autel de la Vierge, près de la porte de la sacristie) et un grand
tableau de Chassériau, "Le Christ au jardin des oliviers" (1840), (en
prêt, actuellement).
A voir aussi, le tableau "La Présentation au temple" (1842) de Sotta ainsi
que l'orgue restauré récemment.
La tour de l'horloge, appelée autrefois "Pourteau du Grou
Sin", a été construite au début du XVe siècle,
sur l'emplacement d'une ancienne porte des remparts du XIIe siècle.
Elle abritait la grosse cloche, le Sin, symbole des libertés communales
accordées à la ville, le 14 juillet 1199, par Jean sans
Peur, roi d'Angeterre et sa mère Aliénor d'Aquitaine.
La tour de quatre étages conserve une cloche de 1500 kilos fondue
en 1731. Elle porte la trace de nombreux impacts, souvenirs des sièges
que la ville a subis.
La tour de l'horloge
Passant sous la tour, à gauche, on remarquera une maison à
pans de bois du XVIe siècle et à l'entrée de la rue
de l'Echevinage, les vestiges du mur de l'ancien échevinage du
XIVe siècle, présentant une porte en accolade, encadrée
de deux pinacles. Le tympan porte les armes de France soutenues par deux
cerfs ailés avec, en cimier, une tête de cerfs, le tout,
hélas, très abîmé. Deux fenêtres moulurées
encadrent la porte.
Plus loin, à l'angle de la rue des Bancs, deux magnifiques maisons
à colombages, avec un gros pilier d'angle en pierre sont les plus
belles maisons à pans de bois de la cité.
En face, la rue Poissonnière, très étroite, montre
l'emplacement de l'ancien marché aux poissons au Moyen Age.
Vestiges de l'ancien échevinage du XIVé siècle (ancêtre
de l'hôtel de ville) qui montre une porte en accolade avec tympan
aux armes de France (deux cerfs ailés encadrant un écu)
et deux fenêtres moulurées. Au n°5 hôtel de Lestang
et au n°14 hôtel Saint-Mandé-de-la-Laigne, XVIIIe siècle.
Place du XIXe siècle avec l'hôtel de ville
(1886), le palais de justice (1876), la salle municipale Aliénor
d'Aquitaine construite sous Napoléon 1er avec les colonnes
du cloître de l'abbaye (XVIIe).
Statue de Régnaud par le sculpteur Bogino (1861).
Autrefois, on appelait canton une petite place où aboutissaient
plusieurs rues, celui-ci était "des Forges" car il s'y
trouvait de nombreuses boutiques de serruriers, ferronniers ou armuriers.
Sur ce canton on peut admirer plusieurs maisons anciennes ; à l'entrée
de la rue des Bancs, une très belle maison à pans de bois
du XVe siècle, et, en face, une jolie maison avec des lucarnes du
XVIIe siècle.
Rue de l'abbaye
Aux n° 28 et 30, maison à colombage du XVe siècle.
Rue d'Aguesseau
Ensemble d'hôtels des XVIIIe et XIXe siècles, témoins
d'un regain de prospérité dû notamment au commerce
du cognac.
Rue de Verdun
Au n°6, la plus ancienne maison de Saint Jean d'Angély,
du XVe siècle inscrite à l'inventaire des Monuments
Historiques.
Au n°17, hôtel d'Hausen du XVIIe, façade du XVIIIe
siècle.
Rue Gambetta
Au-dessus des magasins de l'ancienne Grand-Rue, plusieurs maisons montrent
de belles façades du XIIIe siècle. Au-dessus du n°23,
il y a une jolie porte à pilastre et fronton, au n°39, de belles
lucarnes et au n°36, une jolie façade.
Plus loin, à l'angle de la rue du Minage, se trouve une grande
maison à colombages restaurée.
La rue continue après la place Lemoyne, au n°61, on découvre
une autre belle façade du XVIIIe siècle avec une porte de
l'époque Louis XV à imposte et un balcon en fer forgé.
Place Lemoyne
Anciennement place du Minage où avait lieu le marché aux
grains. Façades des XVIIIe et XIXe siècles. Maison à
pans de bois du XVe siècle au n°45 rue Gambetta.
Rue des Maréchaux / Place du Petit-Champ
Empruntez cette rue qui passe par la place du Petit-Champ, sur l'emplacement
de l'ancien couvent des Jacobins.
Au n°1, hôtel de la Jallet, XVIIIe siècle. Au n°5,
façade de l'époque Louis XVI.
Rue de l'hôtel de ville
Anciennement rue des Trois-Rois, du nom d'une auberge, puis rue des Religieuses
(Ursulines). Plus loin, face au marché se trouve la façade
du XVIIIe siècle de l'hôtel qui a remplacé celui du
XVIe siècle dans lequel le prince de Condé, grand-père
du Grand Condé, est mort d'une péritonite qui fit accuser,
à tord, sa femme Charlotte de la Tremouille, d'empoisonnement.
Place du marché
Marché couvert. Charpente en bois de 1853.
Rue Rose
Au n°8, un grand portail ouvrant sur un jardin appartenait à
l'hôtel de la Rochebeaucourt (François de la Rochebeaucourt
était sénéchal de Saintonge en 1486) acheté
par les juifs de surant. Les juifs (autrefois Guip) étaient seignurs
de Surant près de Saint-Hilaire-de-Villefranche au XVIIIe siècle.
Au n°10, se trouve un portail monumentale de l'hôtel construit
par Jacques Alexandre de Larade, seigneur de Boischarmant et des Razes
(Les Nouillers) au XVIIIe siècle.
Au n°17, on peut voir une belle façade de maison du XVIIIe
siècle avec une jolie porte de l'époque Louis XV à
imposte de fer forgé et, au-dessus, u balcon de même époque
en fer forgé.
Au n°31, deux très beaux piliers d'un ancien portail portent
deux lions du XVIIIe siècle. Ce portail marque l'emplacement de
l'Aumonerie élevée par l'échevin Gallerand au XVe
siècle.