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Café de l'A4, Le feu au village

Vendredi 18 janvier 2019

«Le Feu au Village» est un concert. Les chansons racontent la vie réelle et imaginaire d’un petit village des Deux-Sèvres, Vautebis à la fin des années 1960 et début 70.

C’était une époque charnière où le progrès se faisait ressentir mais où les traditions, plus ou moins respectées et suivies, étaient encore vivaces et présentes derrière les gestes, les actes de la vie quotidienne.

Se côtoyaient la mémoire des grands événements collectifs (Les 2 guerres mondiales : les noms sur le monument aux morts étaient ceux des frères, des pères, des fils, des amis…), des traditions anciennes (les foins en commun, le lavoir..), les aspirations nouvelles des adultes et un avenir qui nous semblait, à nous les plus jeunes, déjà «autre»… Nous avions devant nous un monde ancien qui s’effilochait…

J’ai eu envie de tenir la chronique de ce village et de ces personnages : leurs langages (patois, expressions usuelles, gestuelles…), leurs actions… et l’envie de les transmettre, à ma façon, subjective. C’était un gamin de 10 ans qui observait ce monde et c’est un homme de 50 ans passés qui le relate. Les filtres de la subjectivité ont œuvré.

Il ne s’agissait pas de réaliser un travail de repli («Ah c’était mieux avant !»), de retour à un ancien temps, mais de dégager des histoires universelles d’une collectivité à un moment donné. Il ne s’agissait pas de réaliser une histoire officielle d’un village mais plutôt de multiples histoires pour décrire cette ambiance de village.

A travers les chansons créées se dessine une géographie de ce village :

– le paysage : les bois, les pâturages, les chemins, les rivières…

– les rituels sociaux : la messe, le marché, le bistrot…

– le patrimoine : l’église, la mairie, le cimetière, le monument aux morts… les bâtiments abandonnés ( le château, le lavoir, la bergerie…).

– la population : séparation encore prégnante entre les notables (notaire, médecin), les personnages importants (maître d’école, curé, commerçants, artisans…), les propriétaires terriens et les métayers, les garçons de ferme, les «bonnes», les hommes à tout faire…

– la vie familiale : les familles nombreuses, «les vieux gars», «les vieilles-filles»…

– La vie sentimentale (les mariages, les histoires d’amour officielles et officieuses…)

Les histoires d’origine sont réelles, vécues. Les prolongements sont inventés, exagérés pour devenir des épopées, des personnages rocambolesques mais proches des figures qu’on peut voir ça et là dans les quartiers, les villages (ex : une partie de cartes qui pourrait devenir un conflit interplanétaire ou une histoire d’amour qui met le feu au village).